Fiscalité des héritiers en 2026 : faut-il choisir le PFU ou le barème progressif ?

Fiscalité des héritiers en 2026 : PFU à 31,4 % ou barème, purge des plus-values au décès, cas de l'héritier expatrié et gestion des moins-values.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026

L'essentiel en 30 secondes

  • Depuis le 1er janvier 2026, le PFU (Flat Tax) s’élève à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).
  • L’option pour le barème progressif permet de déduire 6,8 % de la CSG de votre revenu imposable.
  • La succession entraîne une « purge » fiscale des plus-values latentes du défunt.
  • Sur les dividendes, le barème progressif coûte moins cher que le PFU à une TMI de 0 % ou 11 %, d’après le calcul détaillé plus bas.

La fiscalité des héritiers se joue d’abord sur une option. En 2026, le choix entre le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 31,4 % et le barème progressif de l’impôt sur le revenu dépend principalement de votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI). Pour les héritiers, la « purge des plus-values » au décès simplifie la donne : vous ne payez l’impôt que sur la croissance de la valeur après la succession.

PFU ou barème : comment fonctionnent les deux options en 2026 ?

Le Prélèvement Forfaitaire Unique, souvent appelé Flat Tax, a été conçu pour simplifier la fiscalité des revenus du capital. Il s’applique par défaut à vos dividendes et plus-values de cession de valeurs mobilières. Ce taux fixe de 31,4 % ne dépend pas du niveau de revenu global. Au barème, un dividende est imposé au plus à 27 % de son montant brut (45 % sur 60 % du dividende), auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux.

À l’inverse, l’option pour le barème progressif intègre vos gains financiers à vos autres revenus (salaires, bénéfices d’auto-entrepreneur). Ce choix est global : il s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers pour l’année concernée.

Pour des revenus globaux modérés, cette option peut réduire nettement l’impôt, notamment grâce à l’abattement de 40 % sur les dividendes éligibles. Les bases figurent dans notre guide complet sur la fiscalité des dividendes.

La purge des plus-values : l’atout majeur de l’héritier

Lorsqu’un héritier reçoit un portefeuille d’actions, un mécanisme fiscal important se déclenche : la purge des plus-values. Comme pour une donation, la transmission par décès efface l’impôt sur les gains accumulés par le détenteur initial : le prix d’acquisition retenu est la valeur prise en compte pour les droits de succession (article 150-0 D du CGI).

Pour les plus-values, le choix entre PFU et barème ne porte donc que sur la hausse postérieure au décès. Pour les dividendes, rien ne change : ils sont imposés en totalité chaque année, ce qui compte pour qui veut vivre de ses dividendes avec un capital transmis.

Comparatif des taux d’imposition en 2026

Le tableau suivant compare l’imposition totale selon la tranche marginale d’imposition (TMI).

Option FiscaleTMI 0 %TMI 11 %TMI 30 %TMI 41 % +
PFU (Flat Tax)31,4 %31,4 %31,4 %31,4 %
Barème Progressif (Dividendes)~18,6 %~24,5 %~34,6 %~40,4 %
Barème Progressif (Plus-values)~18,6 %~28,9 %~46,6 %~56,8 %

Hypothèses de calcul (revenus perçus depuis le 1er janvier 2026) :

  • prélèvements sociaux de 18,6 % sur 100 % du montant ;
  • abattement de 40 % sur les dividendes au barème ;
  • aucun abattement sur les plus-values de titres acquis depuis 2018 ;
  • économie d’impôt liée à la CSG déductible (6,8 % × TMI) intégrée ; exemple pour un dividende à une TMI de 30 % : 30 % × 60 % + 18,6 % - 6,8 % × 30 % ≈ 34,6 %.

À 45 %, le barème atteint environ 27 % + 18,6 % - 3,1 %, soit ~42,5 % sur les dividendes.

Les seuils de revenus pour les tranches d’imposition sont ajustés chaque année selon l’inflation. En 2026, le taux de CSG déductible reste fixé à 6,8 % uniquement si vous optez pour le barème progressif.

Cas d’école : l’héritier expatrié en 2026

Si vous héritez de titres français alors que vous résidez à l’étranger, les règles changent. Vous n’êtes généralement pas soumis aux prélèvements sociaux français (18,6 % sur les dividendes depuis 2026), mais une retenue à la source de 12,8 % s’applique en principe aux dividendes versés à une personne physique (article 187 du CGI). La convention fiscale avec votre pays de résidence peut la réduire.

L’arbitrage PFU vs Barème est souvent impossible pour les non-résidents, car ils sont soumis à un régime spécifique. Le détail figure dans notre article sur la fiscalité des dividendes français pour les non-résidents.

Cas d’école : une moins-value après la succession

Supposons que vous héritiez d’actions d’une société en difficulté. Si la valeur des titres chute après le décès et que vous les vendez, vous réalisez une moins-value, calculée à partir de la valeur au décès.

Cette moins-value a une valeur fiscale : elle peut être imputée sur vos autres plus-values de même nature réalisées au cours de la même année ou des dix années suivantes.

Dans ce scénario, le choix du barème progressif demande une vision globale de l’année fiscale, puisque l’option vaut pour tous les revenus et plus-values. Les fiches valeurs du site, comme celle de Thales, détaillent par ailleurs l’historique de dividendes de chaque société.

Le PEA dans la transmission

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) permet de capitaliser les dividendes sans impôt sur le revenu après 5 ans (hors prélèvements sociaux).

Cependant, au décès du titulaire, le PEA est clôturé. Les titres sont transférés sur un compte-titres ordinaire (CTO) au nom des héritiers. C’est à partir de ce moment que les dividendes reçus par les héritiers relèvent du choix entre PFU et barème, détaillé dans le comparatif flat tax ou barème.

Choisir son mode d’imposition

Le choix fiscal en 2026 relève d’un calcul. D’après le tableau, le barème est moins coûteux sur les dividendes aux TMI de 0 % et 11 %, le PFU à partir de 30 % ; pour les plus-values, le barème n’est moins coûteux qu’à une TMI de 0 % ou 11 %.

L’option se coche chaque année dans la déclaration de revenus (case 2OP) et peut changer sensiblement l’impôt dû.

Questions fréquentes

Le choix du barème est-il irrévocable ?

Non. L’option pour le barème progressif est annuelle et globale : vous pouvez choisir le barème une année et revenir au PFU l’année suivante. Ce choix s’effectue lors de votre déclaration de revenus au printemps, en cochant la case 2OP.

Comment sont taxés les dividendes reçus juste après le décès ?

Les dividendes dont la distribution a été décidée avant le décès, même versés après, sont imposables au nom du défunt (article 204 du CGI). Ceux décidés après le décès sont des revenus des héritiers : chacun déclare sa quote-part, même avant le partage, et choisit pour lui le PFU ou le barème.

Peut-on déduire les frais de succession de l’impôt sur les plus-values ?

Les droits de succession ne se déduisent pas de l’impôt dû sur la plus-value. En revanche, les frais d’acquisition effectivement supportés et justifiés, droits de mutation compris, majorent le prix d’acquisition des titres, pour la part qui correspond aux titres cédés (BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-30). La plus-value imposable en est réduite d’autant.

La rédaction
Rédaction de Dividendes Actions

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