Comprendre la fiscalité des dividendes étrangers en France
Fiscalité des dividendes étrangers en France : retenue à la source, conventions, crédit d'impôt, déclaration, PFU ou barème et cas particuliers.
L'essentiel en 30 secondes
- Les dividendes étrangers sont en principe taxés dans le pays de la société distributrice, puis dans le pays de résidence de l’actionnaire.
- Les conventions fiscales évitent cette double imposition, notamment par un crédit d’impôt égal à la retenue à la source, dans la limite de l’impôt français.
- En France, ils se déclarent d’abord sur la déclaration n°2047, puis sont reportés sur la n°2042 ; ils sont soumis au PFU de 31,4 % (en 2026) ou, sur option, au barème progressif.
- Les dividendes de source européenne bénéficient souvent d’une retenue réduite ; ceux d’un ETNC perdent l’abattement de 40% et le crédit d’impôt.
Les dividendes étrangers perçus par les contribuables français sont soumis à des règles fiscales spécifiques : taxés à la source puis en France, ils ouvrent droit à un crédit d’impôt qui évite la double imposition.
Ce guide explique comment ces dividendes sont imposés, comment ils se déclarent (déclaration n°2047 puis n°2042) et comment fonctionne le crédit d’impôt.
Principes généraux de l’imposition des dividendes étrangers
La double imposition et les conventions fiscales
Lorsque vous percevez des dividendes de source étrangère, ils sont généralement imposés une première fois dans le pays d’origine de la société distributrice. Pour éviter une double imposition, la France a signé des conventions fiscales avec de nombreux pays.
Ces accords prévoient des mécanismes pour éliminer ou réduire la double taxation, comme l’octroi d’un crédit d’impôt égal à l’impôt payé à l’étranger au taux prévu par la convention, dans la limite de l’impôt français.
Par exemple, si vous recevez des dividendes d’une société allemande, ils seront d’abord soumis à une retenue à la source en Allemagne. Grâce à la convention fiscale franco-allemande, la retenue au taux conventionnel ouvre droit à un crédit d’impôt en France, pour ne pas être taxé deux fois sur les mêmes revenus.
Le crédit d’impôt international
Le crédit d’impôt permet de déduire de votre impôt français tout ou partie des prélèvements fiscaux effectués à l’étranger sur vos dividendes. Son montant est en général égal à la retenue à la source prélevée dans le pays de la société distributrice, dans la limite de l’impôt français correspondant à ces revenus.
Le crédit d’impôt international neutralise ainsi la double imposition, dans la limite de l’impôt français correspondant aux dividendes.
Déclaration des dividendes étrangers aux impôts
Formulaires et cases à remplir
Les dividendes étrangers doivent être déclarés sur votre déclaration de revenus annuelle et inclus dans vos revenus imposables, même s’ils ont déjà subi une taxation dans le pays d’origine.
Déclarer des dividendes étrangers
- Déclarer les dividendes de source étrangère sur la déclaration complémentaire n° 2047 (revenus de source étrangère), pour leur montant brut avant retenue à la source.
- Reporter le montant sur la déclaration n° 2042, en case 2DC pour les dividendes éligibles à l’abattement de 40 %.
- Reporter le crédit d’impôt prévu par la convention fiscale, limité au taux conventionnel, en case 2AB.
Les justificatifs fiscaux envoyés par l’établissement payeur ou les sociétés étrangères sont à conserver.
Justificatifs à conserver
Pour bénéficier du crédit d’impôt international et prouver le montant de la retenue à la source, il faut conserver les justificatifs transmis par l’établissement payeur ou les sociétés distributrices. Il peut s’agir par exemple de relevés bancaires faisant apparaître la retenue prélevée ou d’attestations fiscales spécifiques.
Ces documents vous seront nécessaires en cas de question ou de contrôle de l’administration fiscale sur vos dividendes étrangers. L’administration peut contrôler l’impôt sur le revenu jusqu’à la fin de la troisième année qui suit celle de l’imposition (article L169 du Livre des procédures fiscales) : les justificatifs se conservent au moins pendant cette durée.
Calcul de l’imposition des dividendes étrangers
Prélèvement forfaitaire unique (PFU)
Depuis 2018, les dividendes sont par défaut soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») au taux global de 31,4 % pour les dividendes perçus depuis le 1er janvier 2026 (30 % jusqu’en 2025). Ce prélèvement se décompose en un taux forfaitaire d’impôt sur le revenu de 12,8 % et des prélèvements sociaux de 18,6 %.
Si vous optez pour le PFU, vos dividendes étrangers seront taxés à ce taux unique de 31,4 %, le crédit d’impôt international s’imputant sur l’impôt sur le revenu. Ce mode d’imposition est souvent plus avantageux que le barème progressif, mais un comparatif au cas par cas est nécessaire.
Option pour le barème progressif
Vous pouvez aussi choisir d’imposer vos dividendes étrangers au barème progressif de l’impôt sur le revenu, par exemple si vous avez peu de revenus taxables par ailleurs. Dans ce cas, vos dividendes seront imposés après application d’un abattement de 40% et du crédit d’impôt international.
L’option pour le barème progressif devient intéressante lorsque l’impôt au barème, calculé sur 60 % du dividende après l’abattement de 40 %, est inférieur aux 12,8 % du PFU : c’est le cas dans les tranches à 0 % et 11 % (calcul : 60 % × 11 % = 6,6 %), mais plus dans la tranche à 30 % (60 % × 30 % = 18 %, au-delà de 12,8 %).
| PFU | Barème progressif | |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | votre TMI, sur 60 % du dividende |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % | 18,6 % |
| Abattement de 40% | non | oui |
| Crédit d’impôt international | imputé sur l’impôt sur le revenu | imputé |
Cependant, l’option est globale : elle s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année entrant dans le champ du PFU (dividendes, intérêts, plus-values de cession de titres).
Cas particuliers et situations spécifiques
Dividendes de source européenne
Entre sociétés, la directive européenne mères-filiales supprime la retenue à la source sur les dividendes versés par une filiale établie dans un autre État membre, sous conditions de participation.
Pour les particuliers, le taux dépend surtout de la convention applicable. Par exemple, les dividendes de source allemande supportent par défaut une retenue de 26,375 % (25 % d’impôt majoré de 5,5 % de contribution de solidarité ; calcul : 25 % × 1,055), que la convention franco-allemande limite à 15 % pour un résident de France : l’excédent peut être réclamé auprès de l’administration fiscale allemande.
Dividendes provenant de paradis fiscaux
À l’inverse, les dividendes issus de paradis fiscaux font l’objet d’une surveillance accrue de l’administration fiscale.
Dans le sens inverse, la France applique un taux dissuasif de 75 % aux dividendes de source française payés dans un ETNC (article 187 du CGI). Ces règles visent à lutter contre l’évasion fiscale et les montages financiers abusifs via les paradis fiscaux : l’origine géographique des dividendes étrangers a donc des conséquences fiscales directes.
En suivant ces règles et en conservant vos justificatifs, vous pourrez déclarer correctement vos dividendes étrangers. Un expert-comptable ou un fiscaliste peut sécuriser les déclarations les plus complexes.
Questions fréquentes
Dans quelle case déclarer des dividendes étrangers ?
Les dividendes étrangers se déclarent d’abord sur la déclaration complémentaire n°2047 (revenus de source étrangère), pour leur montant brut avant retenue à la source. Le montant est ensuite reporté dans la case 2DC de la déclaration n°2042, et le crédit d’impôt prévu par la convention en case 2AB.
Combien de temps conserver les justificatifs ?
Au moins jusqu’à la fin de la troisième année qui suit celle de l’imposition, durée du droit de reprise de l’administration en matière d’impôt sur le revenu (article L169 du Livre des procédures fiscales).
Quelle retenue sur les dividendes allemands ?
26,375 % par défaut (25 % d’impôt majoré de 5,5 % de contribution de solidarité ; calcul : 25 % × 1,055), que la convention franco-allemande limite à 15 % pour un résident de France.
- Service-public.gouv.fr, revenus d'épargne et de placement : PFU de 31,4 % en 2026, option pour le barème, abattement de 40 %
- Code général des impôts, article 158 (abattement de 40 %, exclusions), Légifrance
- Code général des impôts, article 187 (taux de retenue à la source, 75 % pour les produits payés dans un ETNC), Légifrance