Double imposition des dividendes : comment ça marche ?
Double imposition des dividendes : cas nationaux et internationaux, conventions fiscales, crédit d'impôt, documents à fournir et procédure de réclamation.

L'essentiel en 30 secondes
- Les bénéfices sont taxés à l’IS (25 %), puis les dividendes au PFU (31,4 %) : environ 48,6 % au total (calcul : 25 % + 75 % × 31,4 %).
- Les conventions fiscales et le crédit d’impôt limitent la double imposition internationale.
- Les dividendes étrangers se déclarent sur le formulaire n°2047, puis sont reportés sur la déclaration n°2042.
La double imposition des dividendes désigne le fait qu’un même bénéfice soit taxé deux fois : d’abord dans la société, puis chez l’actionnaire qui reçoit le dividende. Elle touche de nombreux actionnaires, au niveau national comme international.
Ce tour d’horizon présente les mécanismes, des cas pratiques et les démarches pour faire valoir vos droits.
Qu’est-ce que la double imposition des dividendes ?
La double imposition des dividendes survient lorsque les bénéfices d’une entreprise sont taxés une première fois au niveau de la société, puis une seconde fois lorsqu’ils sont distribués aux actionnaires sous forme de dividendes. Les mêmes revenus subissent ainsi deux fois l’impôt.
Le phénomène peut se produire à l’échelle d’un pays ou au niveau international quand l’actionnaire et la société sont résidents de deux États distincts.
Mécanismes de double imposition : cas pratiques
Voici deux cas de figure classiques, l’un national et l’autre international.
Double imposition nationale
Prenons l’exemple d’un actionnaire résident français qui perçoit des dividendes d’une société française. Les bénéfices de l’entreprise ont déjà été soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux normal de 25 %. Lors de leur distribution, les dividendes sont à nouveau taxés, cette fois au niveau de l’actionnaire.
Des mécanismes permettent d’atténuer cette double taxation, comme l’abattement de 40 % en cas d’option pour le barème progressif.
Double imposition internationale
Imaginons maintenant un actionnaire français qui détient des parts d’une société allemande. Les bénéfices sont taxés en Allemagne, puis les dividendes font l’objet d’une retenue à la source au moment de leur versement. En France, l’actionnaire doit à nouveau s’acquitter de l’impôt sur ces revenus. Sans accord entre les deux pays, les dividendes seraient taxés deux fois en totalité. C’est là qu’interviennent les conventions fiscales internationales.
Solutions pour éviter la double imposition
Plusieurs dispositifs atténuent la double imposition. Tour d’horizon des principaux leviers.
| Solution | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Conventions fiscales internationales | Accords bilatéraux entre États pour éviter les doubles impositions | • Règles claires de répartition du droit d’imposition • Mécanismes d’élimination des doubles taxations (exonération, crédit d’impôt) | • Applicabilité variable selon les pays • Formalités à respecter pour en bénéficier |
| Crédit d’impôt conventionnel | Imputation d’un crédit, en général égal à la retenue à la source au taux conventionnel | • Évite une double taxation pure et simple • Applicable dans de nombreux pays | • Plafonné à l’impôt français correspondant • Procédure de justification |
| Exonération des dividendes | Non imposition des dividendes reçus par une société mère (régime mère-fille) | • Supprime en grande partie la double imposition entre sociétés • Dispositif incitatif pour les investissements | • Quote-part de frais et charges de 5 % imposable • Conditions de détention ou de participation |
| Abattement forfaitaire | Abattement de 40 % sur les dividendes en cas d’option pour le barème progressif | • Allègement de la pression fiscale • Simplicité d’application | • Réservé à l’option pour le barème • Impact limité sur la double imposition |
Conventions fiscales internationales
Les conventions fiscales bilatérales sont des accords signés entre deux États pour éviter les doubles impositions. Elles définissent les règles de partage du droit d’imposition et les mécanismes pour éliminer la double taxation, comme l’exonération ou le crédit d’impôt conventionnel. La France est liée par plus de 120 conventions fiscales, selon impots.gouv.fr. Chaque investisseur se réfère à celle qui correspond à sa situation.
Crédit d’impôt et autres dispositifs
En interne, les États ont aussi des outils pour atténuer les doubles taxations. En France, les contribuables qui perçoivent des dividendes de source étrangère imputent le crédit d’impôt prévu par la convention, en général égal à la retenue à la source au taux conventionnel, dans la limite de l’impôt français. Des abattements ou exonérations spécifiques existent aussi pour réduire la pression fiscale sur les dividendes.
Démarches et déclarations à effectuer
Pour bénéficier des leviers contre la double imposition, la procédure doit être suivie à la lettre. Voici les grandes étapes à connaître.
Documents nécessaires
Pour justifier de la retenue à la source prélevée à l’étranger ou déclarer des dividendes de source étrangère, quelques documents sont indispensables :
- Le formulaire de remboursement du pays de la société distributrice, le cas échéant
- Une attestation de l’établissement payeur
- Un justificatif de domiciliation fiscale
- Le formulaire français n°2047 pour les revenus de source étrangère, dont les montants sont reportés sur la déclaration n°2042
Mieux vaut s’y prendre à l’avance pour éviter tout retard dans la procédure.
Procédure de réclamation
Si l’administration fiscale applique une double taxation injustifiée, le contribuable peut réclamer une restitution ou une décharge. L’interlocuteur dépend de la situation (source : impots.gouv.fr) :
- Réclamation auprès du service des impôts des particuliers (SIP) de votre domicile si vous résidez en France
- Réclamation auprès du Service des impôts des particuliers non-résidents si vous résidez à l’étranger (pour une entreprise, c’est le service des impôts des entreprises, SIE)
- Procédure amiable prévue par la convention fiscale pour un litige entre deux États : la demande écrite est adressée à l’autorité compétente de votre État de résidence, dans un délai de 3 mois à 3 ans selon les conventions
En respectant les délais et en présentant un dossier complet, les contribuables lésés peuvent faire valoir leurs droits.
Alléger la note fiscale
La double imposition des dividendes est un sujet fiscal complexe. Les conventions fiscales internationales et les crédits d’impôt permettent d’en atténuer nettement l’effet, à condition de connaître les mécanismes de base.
L’essentiel est de bien s’informer sur les règles applicables, en France et à l’international, et d’effectuer les démarches déclaratives nécessaires dans les temps.
Questions fréquentes
Comment contester une double imposition ?
Par une réclamation auprès du service des impôts dont vous relevez : le SIP de votre domicile si vous résidez en France, le Service des impôts des particuliers non-résidents si vous résidez à l’étranger. Pour un litige entre deux États, la procédure amiable prévue par la convention fiscale se demande à l’autorité compétente de votre État de résidence.
Quel crédit d’impôt pour des dividendes étrangers ?
Un crédit prévu par la convention fiscale, en général égal à la retenue à la source au taux conventionnel, dans la limite de l’impôt français correspondant.
Avec combien de pays la France a-t-elle signé une convention ?
La France est liée par plus de 120 conventions fiscales, selon impots.gouv.fr.
- Impôt sur les sociétés : taux normal de 25 % et taux réduit (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Revenus d'épargne et de placement : PFU de 31,4 % en 2026 (service-public.gouv.fr)
- Impots.gouv.fr, la procédure amiable (particuliers) : autorité compétente de l'État de résidence, délai de 3 mois à 3 ans, plus de 120 conventions
- Impots.gouv.fr, où et comment déposer une demande de procédure amiable ?
- Impots.gouv.fr, comment puis-je contester mon impôt et à qui dois-je adresser ma demande ?