Pourquoi l’abattement de 40% sur les dividendes ?

Abattement de 40 % sur les dividendes : qui en bénéficie, comment il se calcule au barème progressif et pourquoi il ne s'applique pas à la flat tax.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026
FiscalitéDessin d’un homme en costume brandissant une pièce devant un ordinateur portable, à côté de la question Pourquoi l’abattement de 40 % sur les dividendes ?

L'essentiel en 30 secondes

  • Seuls 60 % du montant brut des dividendes sont imposés à l’impôt sur le revenu après l’abattement de 40 %.
  • L’abattement ne s’applique qu’au barème progressif, et non à la flat tax (PFU).
  • Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité des dividendes.
  • À partir d’une tranche marginale de 30 %, la flat tax devient généralement plus avantageuse.
  • Les distributions d’OPCVM ouvrent droit à l’abattement pour la part issue de dividendes éligibles.

L’abattement de 40% sur les dividendes constitue l’un des mécanismes fiscaux les plus avantageux pour les investisseurs français. Cette disposition permet de réduire significativement l’assiette imposable de vos revenus mobiliers en France : seuls 60 % du montant brut des dividendes sont imposés à l’impôt sur le revenu, à condition d’opter pour le barème progressif.

L’objectif économique derrière l’abattement fiscal

L’État français a mis en place cet abattement pour éviter la double imposition des bénéfices distribués. Les sociétés paient déjà l’impôt sur les sociétés sur leurs bénéfices avant distribution. Sans cet abattement, les actionnaires subiraient une taxation complète au barème progressif, créant une double taxation économique.

Cette mesure vise également à encourager l’investissement en actions françaises. Elle rend plus attractive la détention de participations dans des entreprises françaises ou européennes soumises à un impôt équivalent, ce qui stimule l’investissement dans les entreprises.

Mécanisme de calcul et application pratique

L’abattement fonctionne comme un réducteur d’assiette imposable. Il s’applique automatiquement lors de l’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans démarche particulière de votre part.

Cette base réduite est ensuite soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, pouvant bénéficier des tranches les plus basses selon la situation fiscale globale du contribuable. La progressivité de l’impôt amplifie l’avantage de cet abattement pour les contribuables aux revenus modérés.

Conditions d’éligibilité strictement encadrées

L’abattement est réservé à trois conditions cumulées :

  • le bénéficiaire est un particulier résident fiscal en France ;
  • les dividendes sont distribués par des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent ;
  • les sociétés distributrices ont leur siège en France, dans un État de l’Union européenne ou dans un État ayant conclu avec la France une convention fiscale qui contient une clause d’assistance administrative contre la fraude et l’évasion fiscales (CGI, art. 158, 3-2°).

Les distributions des organismes de placement collectif (OPCVM : SICAV et FCP) bénéficient aussi de l’abattement, au prorata : seule la part de leurs revenus qui provient de dividendes eux-mêmes éligibles y ouvre droit (CGI, art. 158, 3-4°). Le fonds ventile ses distributions selon leur nature et leur origine pour faire apparaître cette part éligible.

Sont en revanche exclus, notamment, les bénéfices exonérés distribués par les SIIC et les revenus qui ne rémunèrent pas la qualité d’associé (CGI, art. 158, 3-3°). L’éligibilité dépend donc de la société distributrice.

Barème avec abattement ou flat tax : quelle tranche fait basculer ?

Le choix entre le barème progressif avec abattement et la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026) dépend de la tranche marginale d’imposition. Pour les contribuables aux revenus modérés, l’option barème progressif avec abattement s’avère généralement plus avantageuse.

L’abattement devient particulièrement intéressant lorsque la tranche marginale d’imposition reste inférieure à 30%. À partir d’une tranche à 30 %, la flat tax devient généralement plus avantageuse. Les prélèvements sociaux étant dus dans les deux cas, la comparaison se joue sur l’impôt sur le revenu :

PrélèvementFlat tax (PFU)Barème avec abattement, tranche à 30 %
Impôt sur le revenu12,8 %18 % (30 % × 60 %)
Prélèvements sociaux18,6 %18,6 %

Au barème, 6,8 points de CSG sont toutefois déductibles du revenu imposable de l’année suivante. Cette optimisation nécessite une analyse personnalisée tenant compte de l’ensemble des revenus du foyer fiscal et de la stratégie patrimoniale à long terme.

Quels impacts sur la déclaration fiscale et vos obligations déclaratives ?

L’option pour le barème progressif avec abattement s’exerce globalement pour l’ensemble des revenus mobiliers de l’année. Il faut cocher la case 2OP (option barème progressif) sur la déclaration de revenus. Cette option irrévocable pour l’année concernée implique une cohérence dans le traitement fiscal de tous les revenus de capitaux mobiliers.

Les dividendes bénéficiant de l’abattement doivent être déclarés dans la section spécifique des revenus mobiliers, distincte des plus-values de cession. L’administration calcule automatiquement l’abattement lors du traitement de la déclaration.

Un dispositif pérenne au service de l’investissement ?

L’abattement de 40% sur les dividendes s’inscrit dans la politique fiscale française de soutien à l’investissement productif. Ce mécanisme, maintenu malgré les réformes fiscales successives, témoigne de la volonté de préserver l’attractivité de l’investissement en actions.

Cette stabilité fiscale rassure les investisseurs à long terme et contribue au financement des entreprises françaises par les capitaux privés, élément crucial de la compétitivité économique nationale.

Questions fréquentes

L’abattement de 40 % s’applique-t-il avec la flat tax ?

Non. L’abattement de 40 % ne s’applique qu’au choix du barème progressif de l’impôt sur le revenu, et non à la flat tax (PFU). Les prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas.

Faut-il faire une démarche pour bénéficier de l’abattement ?

Non. L’abattement s’applique automatiquement lors de l’option pour le barème progressif : il suffit de cocher la case 2OP sur la déclaration de revenus. L’option vaut pour l’ensemble des revenus mobiliers de l’année.

Quels dividendes sont exclus de l’abattement ?

Ceux qui ne remplissent pas les conditions de l’article 158 du CGI : revenus de sociétés non soumises à l’impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent, ou établies hors de l’UE dans un État sans convention d’assistance administrative avec la France, ainsi que les cas exclus par la loi, comme les bénéfices exonérés des SIIC. Les distributions d’OPCVM, elles, y ouvrent droit pour la part issue de dividendes éligibles.

Peut-on déduire ses frais de garde en plus de l’abattement ?

Oui, mais seulement au barème progressif. Pour les revenus perçus depuis le 1er janvier 2018, les frais et charges liés à l’acquisition et à la conservation des revenus mobiliers, comme les droits de garde ou les frais d’encaissement, ne sont plus déductibles au PFU. En cas d’option pour le barème (case 2OP), ils restent déductibles et se cumulent avec l’abattement de 40 %.

La rédaction
Rédaction de Dividendes Actions

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