Créer une Holding Familiale (SAS/SARL) pour piloter la rente sur plusieurs générations

Holding familiale en 2026 : régime mère-fille, SAS ou SARL, quasi-usufruit, pacte Dutreil et sortie de l'argent pour piloter une rente familiale.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026

L'essentiel en 30 secondes

  • Le régime « mère-fille » exonère 95 % des dividendes remontés des filiales détenues à au moins 5 % (soit environ 1,25 % d’impôt effectif) ; il ne s’applique pas aux actions cotées détenues à moins de 5 %.
  • La holding réinvestit les dividendes avant impôt personnel ; celui-ci reste dû le jour où les sommes sont distribuées à l’associé.
  • Le Pacte Dutreil réduit l’assiette taxable de 75 % lors de la transmission des parts, mais seulement pour une holding animatrice, sous engagements de conservation.
  • La SAS laisse une grande liberté de rédaction des statuts, la SARL suit un cadre légal plus encadré qui limite l’entrée de tiers.

La holding familiale est une société dont l’objet principal est de détenir des parts dans d’autres entreprises (filiales), ce qui centralise les revenus et modifie leur fiscalité. Cet article décrit les règles générales ; il ne remplace pas l’étude d’un cas particulier par un avocat fiscaliste ou un expert-comptable.

En 2026, ce montage permet de réinvestir les dividendes de filiales détenues à au moins 5 % avec une imposition effective d’environ 1,25 %. Il peut aussi alléger la transmission grâce au pacte Dutreil, réservé aux holdings animatrices qui remplissent ses conditions. Pour un portefeuille d’actions cotées détenues à moins de 5 %, ces deux avantages ne s’appliquent pas.

Le régime mère-fille : comment il fonctionne

Le régime mère-fille est le principal ressort fiscal d’une holding. Ce dispositif fiscal permet à la société holding de recevoir les dividendes de ses filiales en bénéficiant d’une exonération quasi totale d’impôt sur les sociétés (IS). Seule une quote-part de frais et charges de 5 % est réintégrée dans le résultat imposable de la holding (article 216 du CGI).

Le régime mère-fille exige que la holding détienne au moins 5 % du capital de la société distributrice et conserve les titres au moins deux ans (article 145 du CGI). Des actions cotées détenues à moins de 5 % n’y ouvrent pas droit : leurs dividendes sont imposés à l’IS dans les conditions de droit commun (15 % ou 25 %).

En détention directe, le dividende supporte la Flat Tax de 31,4 % (taux applicable aux dividendes perçus depuis le 1er janvier 2026). La comparaison ci-dessous ne vaut que tant que les sommes restent dans la holding : redistribuées à l’associé, elles supportent à leur tour la Flat Tax ou le barème. Pour approfondir ces notions, consultez notre réponse à la question qu’est-ce qu’un dividende.

IndicateurDétention en direct (Flat Tax)Détention via holding (mère-fille, filiale à 5 % ou plus)
Dividende brut10 000 €10 000 €
Impôt prélevé3 140 € (31,4 %)125 € (1,25 % effectif)
Montant net à réinvestir6 860 €9 875 €

SAS ou SARL : les différences en 2026

Les différences entre la SAS (Société par Actions Simplifiée) et la SARL (Société à Responsabilité Limitée) portent sur la gouvernance et sur le statut social du dirigeant.

  • La SAS est souvent retenue pour sa souplesse : les statuts se rédigent sur mesure et peuvent intégrer des clauses de contrôle (agrément, inaliénabilité) applicables aux générations suivantes.
  • La SARL, souvent choisie pour son caractère « intuitu personae », limite l’entrée de tiers. Cependant, si vous êtes gérant majoritaire, les dividendes que vous vous versez peuvent être soumis à cotisations sociales au-delà d’un certain seuil.

Ce point est détaillé dans notre article sur la distribution de dividendes en SARL avec un gérant majoritaire.

CaractéristiqueHolding SASHolding SARL
GouvernanceTotale liberté (Président)Cadre rigide (Gérant)
Régime social du dirigeantAssimilé-salariéTravailleur non-salarié (TNS)
Sortie de dividendesFlat Tax (31,4 %)Cotisations sociales si majoritaire

En 2026, le taux réduit d’impôt sur les sociétés (IS) de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfices, au-delà le taux normal de 25 % (entreprendre.service-public.gouv.fr). Le taux réduit est réservé aux sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros, au capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Le quasi-usufruit pour garder le contrôle

Le démembrement de propriété des parts de la holding est un point souvent ignoré. Il est possible de donner la nue-propriété des parts à ses enfants en conservant l’usufruit : l’usufruitier continue de percevoir les revenus et, selon les statuts, de diriger la société.

Pour les successions ouvertes depuis le 29 décembre 2023, cette dette de restitution n’est en principe plus déductible de l’actif successoral lorsqu’elle porte sur une somme d’argent (CGI, art. 774 bis, sous réserve des exceptions du texte). Le quasi-usufruit reste un moyen de disposer de la trésorerie, sans l’avantage fiscal qu’on lui prêtait auparavant.

Le Pacte Dutreil : transmettre une holding animatrice

Transmettre une entreprise ou une holding animatrice peut coûter cher en droits de succession. Le Pacte Dutreil est le dispositif de faveur qui permet de bénéficier d’un abattement de 75 % sur la valeur des parts transmises (article 787 B du CGI).

Pour en bénéficier, les héritiers ou donataires et, en amont, les associés doivent s’engager à conserver les titres pendant une durée minimale (engagement collectif puis individuel). Ce dispositif est cumulable avec l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans.

Le Pacte Dutreil vise les sociétés opérationnelles et les holdings animatrices. Une holding qui se contente de gérer un portefeuille d’actions cotées exerce une activité de gestion de son propre patrimoine mobilier, exclue du dispositif.

Pour un portefeuille d’actions cotées détenu en direct, les règles de transmission sont détaillées dans notre guide sur la transmission d’un portefeuille d’actions.

Moins-values et expatriation : ce que permet la holding

Contrairement à un particulier, une holding à l’IS déduit en principe les moins-values sur ses titres de portefeuille de son résultat imposable : la perte réduit l’impôt dû sur les autres profits. Les titres de participation suivent un régime à part, où les moins-values à long terme ne s’imputent que sur des plus-values de même nature.

En cas de départ de France, l’Exit Tax (CGI, art. 167 bis) peut s’appliquer aux plus-values latentes sur les parts de la holding lorsque la participation dépasse les seuils prévus par le texte. Un sursis de paiement existe pour un départ vers un autre État de l’Union européenne ou un État lié à la France par une convention d’assistance. Le reste dépend des conventions fiscales.

L’ensemble des règles d’imposition figure dans le guide complet sur la fiscalité des dividendes.

Une structure de long terme

La création d’une holding familiale engage sur le long terme : frais de constitution, comptabilité annuelle, obligations juridiques. Ses avantages fiscaux dépendent du type d’actifs détenus, et ne valent pas pour un simple portefeuille d’actions cotées détenues à moins de 5 %.

L’opportunité d’une holding s’apprécie au cas par cas, avec un avocat fiscaliste, un notaire ou un expert-comptable, au regard de la composition du patrimoine et des projets de transmission.

Questions fréquentes

Quel est le capital social minimum pour créer une holding ?

Il n’existe pas de montant minimum légal pour une SAS ou une SARL : le capital est librement fixé par les statuts, et 1 € est possible (entreprendre.service-public.gouv.fr). En pratique, son montant tient compte des premiers frais de constitution (greffe, annonces légales, expert-comptable) et de l’image donnée aux banques.

Peut-on loger un compte-titres dans une holding familiale ?

Oui, c’est même l’un des usages principaux. La holding peut investir dans des actions cotées, des SCPI ou du private equity. Les dividendes perçus sur des actions cotées ne bénéficient généralement pas du régime mère-fille (car il faut détenir au moins 5 % du capital de la société émettrice), mais ils sont imposés à l’IS après déduction des frais de gestion.

Comment sortir l’argent de la holding pour ses besoins personnels ?

Trois voies existent : se verser un salaire (soumis aux cotisations sociales), se verser des dividendes (soumis à la Flat Tax de 31,4 % ou au barème progressif), ou se faire rembourser son compte courant d’associé si l’on a prêté de l’argent à la société. Ce remboursement d’un prêt n’est pas imposable ; seuls les intérêts éventuels le sont.

La rédaction
Rédaction de Dividendes Actions

Les contenus de Dividendes Actions sont rédigés et relus par la rédaction du site, à partir de sources officielles : communiqués des sociétés publiés sur Info-financière, textes de loi, doctrine fiscale et publications de l'AMF. Chaque article est mis à jour quand les règles ou les chiffres changent ; notre méthodologie détaille comment.