Private equity chez Trade Republic : fausse bonne idée ?

Private equity chez Trade Republic dès 1 € (Apollo, EQT) : frais des fonds, effet sur le capital, liquidité, risques et comparaison avec les FCPR.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026
ChoisirIllustration sur fond noir d’un gratte-ciel et d’un smartphone stylisés, avec le titre Private Equity : Trade Republic.

L'essentiel en 30 secondes

  • Trade Republic ouvre le private equity dès 1€, sans frais de courtage, via deux fonds : Apollo et EQT.
  • Les coûts sont ceux des fonds : 6,6% par an chez Apollo (3,6% avec bonus 36 mois), 2,35% à 4,5% chez EQT.
  • La liquidité mensuelle n’est pas garantie et peut être suspendue.

Trade Republic ouvre aux particuliers l’accès au capital-investissement (private equity), une classe d’actifs historiquement réservée aux grandes fortunes et aux institutionnels.

En résumé, avec un ticket d’entrée de seulement 1€ et aucun frais de courtage, la plateforme allemande ouvre les portes des entreprises non cotées en Bourse à tous les investisseurs particuliers français.

Logo Trade Republic

Un accès au private equity dès 1 €

Traditionnellement, investir dans des fonds d’entreprises non cotées supposait des tickets d’entrée élevés, souvent réservés aux investisseurs institutionnels. Trade Republic abaisse cette barrière en proposant l’investissement fractionné dès 1 € dans deux fonds.

Qui sont les gestionnaires qui permettent d’investir dans les fonds non cotés ?

Logo Apollo

Apollo Global Management affiche 849 milliards de dollars d’encours en crédit et 198 milliards en actions au 30 juin 2026, selon son site investisseurs, soit plus de 1 000 milliards pour ces deux seules activités (calcul : 849 + 198 = 1 047 milliards). Il figure parmi les plus grands gestionnaires d’actifs alternatifs au monde.

Le groupe se spécialise dans les rachats d’entreprises matures générant des flux de trésorerie stables.

Logo EQT

EQT, qui se présente comme le deuxième acteur mondial du private equity par capitaux levés, affiche 354 milliards d’euros d’encours au troisième trimestre 2026 (Coller Capital inclus). Cette société suédoise met en avant une approche axée sur la croissance durable et l’innovation technologique.

Les performances passées de ces gestionnaires ne garantissent pas celles des fonds proposés chez Trade Republic.

Résumons les frais en détail : combien allez-vous payer ?

Avant d’aborder les revenus mis en avant par Trade Republic pour ces fonds, faisons un résumé des frais et de ce que ça vous coûte concrètement.

Au lancement de l’offre (septembre 2025), Trade Republic annonçait ne prélever aucun frais sur son offre private equity (conditions à revérifier dans l’application et la documentation des fonds avant d’investir) :

  • 0% de frais de souscription
  • 0% de frais de gestion plateforme
  • 0% de frais de performance additionnels
  • Bonus de lancement : +1% offert sur chaque euro investi jusqu’au 14 octobre 2025 (offre terminée)

Les frais sont sous-jacents et liés aux fonds

Les seuls coûts proviennent des gestionnaires eux-mêmes, intégrés à la valeur liquidative (NAV). Chiffres relevés au lancement de l’offre en septembre 2025 ; les frais à jour figurent dans le document d’informations clés (DIC) de chaque fonds :

FraisApollo S3 Private MarketsEQT Nexus Fund
Frais annuelsAll-in cost : 6,6% annuel ; avec bonus engagement 36 mois, coût net ramené à 3,6%Frais de gestion : 2,35% à 4,5% annuel (selon couches d’investissement)
Frais de performanceVariables selon fonds sous-jacents
Frais de sortieJusqu’à 5% selon conditions du marché secondaire

Chez EQT, la structure est multicouches, avec des frais additionnels possibles.

Ces frais couvrent la gestion active, la due diligence, le monitoring des participations et les coûts administratifs inhérents au private equity.

Quels impacts sur vos investissements et rendements futurs ?

L’atout de Trade Republic : une flexibilité sur les liquidités

Contrairement aux investissements private equity traditionnels, souvent bloqués plusieurs années, Trade Republic annonce une liquidité mensuelle via son marché secondaire interne.

Cette flexibilité permet aux investisseurs de :

  • Revendre leurs parts chaque mois (selon liquidité disponible)
  • Sortir avant la fin de vie du fonds, sous réserve des frais de sortie éventuels (jusqu’à 5 % chez EQT)
  • Adapter leur exposition selon l’évolution de leur situation personnelle

Les risques à prendre en compte

Les risques inhérents au private equity

Risque de liquidité : malgré la liquidité mensuelle promise, celle-ci dépend de la demande sur le marché interne de Trade Republic.

Volatilité des performances : l’hypothèse de 12 % par an utilisée dans l’exemple ci-dessus n’est pas garantie. Les performances peuvent varier significativement selon les cycles économiques et les secteurs d’investissement.

Risque de perte en capital : comme tout investissement, le private equity peut générer des pertes, particulièrement en cas de récession économique ou de défaillance des entreprises en portefeuille.

Alternative : comparaison avec les FCPR français traditionnels

CritèreFCPR traditionnelTrade Republic PE
Ticket d’entréePlusieurs milliers d’euros selon les fonds1€
Frais de gestionFixés par le DIC de chaque fonds2,35-6,6% par an (septembre 2025)
Frais de performanceCommission de surperformance fréquente au-delà d’un seuilInclus ou variable
LiquiditéParts bloquées plusieurs années (au moins 5 ans pour le FCPR fiscal, article 163 quinquies B du CGI)Mensuelle/trimestrielle*
Avantages fiscauxPlus-values exonérées d’IR après 5 ans de conservation (FCPR fiscal, prélèvements sociaux dus)Aucun spécifique
DiversificationLarge portefeuille français2 fonds spécifiques

Alors, quelles sont les perspectives de performance ?

Les performances historiques publiées par les gestionnaires portent sur leurs fonds institutionnels et ne se transposent pas aux fonds proposés aux particuliers, dont les frais sont différents. Elles ne préjugent pas des performances futures.

Les rendements du private equity proviennent de trois sources principales :

  1. L’amélioration opérationnelle des entreprises acquises
  2. L’effet de levier financier maîtrisé
  3. L’arbitrage de valorisation entre achat et revente

Comment investir dans ces fonds non cotés ?

  1. Ouvrez un compte sur Trade Republic – si ce n’est pas déjà fait (gratuit)
  2. Versement initial minimum 1€
  3. Sélection du fonds Apollo ou EQT
  4. Investissement fractionné possibilité d’étaler dans le temps
  5. Suivi en temps réel via l’application mobile

Y a-t-il un cadre réglementaire ?

Oui ! Fort heureusement ! Trade Republic opère sous licence bancaire complète et fait l’objet d’une double supervision :

  • ACPR (France) pour les services bancaires français

  • BaFin (régulateur allemand) pour les activités principales

Alors, révolution durable ou effet de hype ?

L’offre private equity de Trade Republic marque une étape dans l’accès des particuliers aux investissements alternatifs, en combinant ticket d’entrée bas, absence de frais de plateforme annoncée au lancement et liquidité mensuelle.

Cette accessibilité ne supprime pas les risques propres au private equity : frais élevés des fonds, liquidité limitée et risque de perte en capital. Une bonne compréhension de ces enjeux reste indispensable avant d’investir dans cette classe d’actifs.

Pour faire le calcul, utilisez notre simulateur de croissance des dividendes.

Questions fréquentes

Peut-on revendre ses parts à tout moment ?

Non. Apollo S3 rachète chaque mois selon la liquidité disponible, EQT Nexus limite les rachats à 3% de la valeur du fonds par trimestre, et ces liquidités peuvent être suspendues.

Le private equity de Trade Republic offre-t-il un avantage fiscal ?

Aucun avantage fiscal spécifique, contrairement au FCPR fiscal.

Quels régulateurs supervisent Trade Republic ?

La BaFin (régulateur allemand) et l’ACPR (France).

La rédaction
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