Comment ne pas payer d’impôts sur les dividendes en 2026 ?

Ne pas payer d'impôt sur les dividendes, ou moins : PEA, assurance-vie, choix entre SARL et SAS, arbitrage PFU ou barème et effet de la CDHR en 2026.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026
FiscalitéDessin d’un homme surpris tenant des liasses de billets, à côté du titre Comment ne pas payer d’impôts sur les dividendes et d’un calendrier 2025.

L'essentiel en 30 secondes

  • On peut ne pas payer d’impôt sur les dividendes en partie, et légalement : dans un PEA de plus de 5 ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
  • L’assurance-vie de plus de 8 ans offre un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour les couples).
  • Le barème progressif n’est intéressant que dans les tranches à 0 % et 11 % ; dès 30 %, le PFU à 31,4 % l’emporte.
  • Une holding soumise au régime mère-fille est exonérée à 95 % sur les dividendes reçus.

Peut-on ne pas payer d’impôt sur les dividendes ? En partie, et légalement. La fiscalité des dividendes en France se caractérise par une complexité croissante, marquée par l’opposition entre le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 % (depuis le 1er janvier 2026) et le barème progressif de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoute la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), introduite en 2025 et reconduite en 2026.

Cet article présente six méthodes juridiquement validées pour réduire, voire supprimer, l’imposition des dividendes, en intégrant les dernières réformes fiscales : lois de finances pour 2025 et 2026, et loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Le tableau ci-dessous résume les dispositifs présentés ; le détail de chacun figure dans la suite de l’article. Il ne s’agit que de solutions légales, dont l’intérêt dépend de chaque situation.

Récapitulatif des dispositifs légaux

DispositifEffet sur l’imposition des dividendes
PEAExonération d’impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux dus
Assurance-vieAbattement annuel sur les gains rachetés après 8 ans
Option pour le barèmeAbattement de 40 %, utile surtout dans les tranches à 0 % et 11 %
HoldingRégime mère-fille : 95 % des dividendes reçus exonérés d’IS
ExpatriationRetenue à la source française de 12,8 %, sans prélèvements sociaux

Les deux régimes d’imposition des dividendes

Le contribuable dispose d’un choix annuel entre :

  1. Le PFU à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux)
  2. Le barème progressif avec abattement de 40 % et CSG déductible à hauteur de 6,8 %, les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus

Cette alternative fiscale suppose une analyse chiffrée prenant en compte :

  • La tranche marginale d’imposition
  • La durée de détention des titres
  • Les perspectives de plus-values futures

Rappel de la définition juridique

Les dividendes constituent une répartition des bénéfices sociaux aux associés ou actionnaires, proportionnellement à leurs droits dans le capital. Contrairement aux salaires, ils ne représentent pas une charge déductible pour l’entreprise, générant ainsi une double imposition : au niveau de la société (IS) puis au niveau du bénéficiaire.

Le régime fiscal 2026 porte le PFU à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 30 % en 2025) et maintient la taxation différentielle (CDHR) pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple).

Cette contribution garantit une imposition minimale de 20 % (impôt sur le revenu et CEHR), à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux, ce qui complexifie l’optimisation fiscale.

Levier n°1 : le Plan d’Épargne en Actions (PEA)

Le mécanisme de l’exonération fiscale

Le PEA permet une exonération totale d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention, sous réserve de ne pas effectuer de retrait anticipé. Les prélèvements sociaux restent applicables à 18,6 % (taux 2026), portant le taux global à 18,6 % contre 31,4 % en compte-titres ordinaire.

En 2026, la limite de versement reste fixée à 150 000 € pour un PEA classique et 225 000 € pour le PEA-PME, le cumul des deux plans étant plafonné à 225 000 €. Le délai de 5 ans court à partir du premier versement : un plan ouvert tôt, même avec un faible montant, atteint donc plus vite ce cap.

Avantages comparatifs du PEA

  • Exonération des plus-values après 5 ans
  • Possibilité de cumul avec l’assurance-vie
  • Transmission : au décès, le plan est clôturé et les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux seuls), la valeur du plan entrant dans la succession
  • Accès aux actions européennes sans restriction sectorielle

Sur un PEA de plus de 5 ans, chaque dividende échappe aux 12,8 % d’impôt sur le revenu du PFU, et les prélèvements sociaux ne sont dus qu’au retrait : réinvestis en totalité, les dividendes capitalisent plus vite qu’en compte-titres ordinaire.

Levier n°2 : l’assurance-vie en supports actions

Le régime fiscal après 8 ans de détention

Les contrats d’assurance-vie de plus de 8 ans bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour les couples) sur les gains compris dans les rachats. Au-delà de cet abattement, pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, les gains sont imposés à :

  • 7,5 % lorsque les primes nettes versées sur l’ensemble des contrats ne dépassent pas 150 000 €
  • 12,8 % pour la fraction des gains liée aux primes au-delà, avec maintien des prélèvements sociaux à 17,2 %

Dans les unités de compte actions, les dividendes réinvestis capitalisent sans imposition jusqu’au rachat.

Les modes de gestion du contrat

La gestion libre permet de combiner :

  • Fonds en euros pour la sécurisation
  • Unités de compte actions pour le rendement
  • Options de garantie plancher

Un effet de levier fiscal apparaît lorsqu’on combine le PEA (exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans) et l’assurance-vie (abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € pour un couple sur les gains rachetés après 8 ans).

Levier n°3 : le choix entre SARL et SAS

La fiscalité différentielle des sociétés

En SARL comme en SAS, l’associé personne physique a le même choix : PFU par défaut, ou option pour le barème progressif avec abattement de 40 %.

La vraie différence est sociale : pour le gérant majoritaire de SARL, la part des dividendes dépassant 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants supporte des cotisations sociales de travailleur indépendant, ce qui n’est pas le cas en SAS.

Le barème avantage surtout les contribuables situés dans les tranches basses d’imposition (0 % ou 11 %).

Les points de vigilance dans la société à l’IS

  • L’excès de rémunération du dirigeant associé, non déductible s’il ne correspond pas à un travail effectif
  • Le déficit reportable sans limite de durée mais plafonné chaque année (article 209 du CGI)
  • Les avances en compte courant générant des intérêts imposables

Une simulation fiscale préalable intégrant l’IS (25 %, ou 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles), les cotisations sociales et l’IR permet de comparer SARL et SAS.

Levier n°4 : l’arbitrage entre PFU et barème progressif

Le choix entre PFU (31,4 % en 2026) et barème progressif (avec 40 % d’abattement) dépend de la tranche marginale d’imposition (TMI). Imposition totale pour 1 000 € de dividendes bruts perçus en 2026 :

TMIPFU (31,4 %)Barème + PS (18,6 %)Option la plus avantageuse
0 %314 €186 €Barème
11%314 €252 €Barème
30%314 €366 €PFU
41%314 €432 €PFU
45%314 €456 €PFU

Calcul : 1 000 € × 60 % × TMI + 186 € de prélèvements sociaux, hors effet de la CSG déductible (6,8 % × 1 000 € × TMI, l’année suivante)

Le barème n’est donc intéressant que dans les tranches à 0 % et 11 % ; dès la tranche à 30 %, le PFU l’emporte, même en tenant compte de la CSG déductible. Attention toutefois : des dividendes importants peuvent faire basculer une partie des revenus dans la tranche supérieure.

Impact de la CDHR sur les hauts revenus

La contribution différentielle, instaurée en 2025 et reconduite par la loi de finances pour 2026, garantit une imposition minimale de 20 % (impôt sur le revenu et CEHR) pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple).

Pour des dividendes taxés au PFU, dont la part d’impôt sur le revenu n’est que de 12,8 %, elle peut donc s’ajouter à l’imposition, les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus en plus. Cette mesure complexifie l’arbitrage en imposant un calcul prospectif intégrant :

  • Les revenus globaux
  • Les plus-values latentes
  • Les reports déficitaires

Certains contribuables concernés étalent leurs revenus exceptionnels sur plusieurs années pour limiter cet effet. Pour en savoir plus, consultez cet article complet sur la CDHR.

Levier n°5 : la holding familiale et l’intégration fiscale

Le régime mère-fille

La création d’une holding détenant les participations permet :

  • Une exonération à 95 % des dividendes reçus (article 216 CGI), si la holding détient au moins 5 % du capital de la filiale pendant deux ans
  • Une imposition différée via le report en réserve
  • La compensation fiscale des résultats bénéficiaires et déficitaires, dans le cadre de l’intégration fiscale (détention d’au moins 95 %)

Ce dispositif réduit le taux effectif d’imposition à 1,25 % des dividendes reçus par la holding (calcul : quote-part de 5 % × IS de 25 %). Les dividendes que la holding redistribue ensuite à ses associés personnes physiques sont imposés chez eux au PFU ou au barème.

Optimisation successorale par holding

  • Démembrement des parts sociales
  • Donation-partage progressive
  • Exonération de 75 % de la valeur des titres transmis sous pacte Dutreil (article 787 B du CGI), réservée aux sociétés opérationnelles et aux holdings animatrices

Combinés (pacte Dutreil, donations renouvelables tous les 15 ans, démembrement), ces outils peuvent réduire fortement les droits de succession ; leur gain réel dépend de la situation familiale et doit être chiffré au cas par cas. Une holding qui se borne à gérer un portefeuille de titres n’ouvre pas droit au pacte Dutreil.

Levier n°6 : l’expatriation fiscale

Les pays à régime fiscal avantageux

Certaines juridictions imposent peu, voire pas, les dividendes perçus par les particuliers, mais ces régimes évoluent vite.

Avant tout projet, il faut vérifier le régime local en vigueur à la date du départ et la convention fiscale signée avec la France, qui fixe la retenue à la source française sur les dividendes (12,8 % par défaut pour un particulier non résident).

Cette démarche suppose une rupture effective du domicile fiscal français au sens de l’article 4 B du CGI, impliquant :

  • Transfert du foyer ou du lieu de séjour principal à l’étranger
  • Exercice de l’activité professionnelle principale hors de France
  • Transfert du centre des intérêts économiques

Le piège de la résidence fiscale maintenue

Un non-résident fiscal n’est pas soumis aux prélèvements sociaux sur ses dividendes de source française. En revanche, celui qui conserve en France son foyer, son activité principale ou le centre de ses intérêts économiques reste résident fiscal français, et donc imposé au PFU de 31,4 % (prélèvements sociaux de 18,6 % compris), par exemple s’il :

  • Conserve sa famille ou sa résidence principale en France
  • Continue d’exercer son activité professionnelle principale en France
  • Garde en France l’essentiel de son patrimoine et de ses revenus

Perspectives : l’évolution réglementaire

Les textes récents ont apporté trois changements majeurs :

  1. Hausse de la CSG sur les revenus du capital (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026) : prélèvements sociaux portés à 18,6 % et PFU à 31,4 % sur les revenus perçus depuis le 1er janvier 2026, l’assurance-vie, le PEL, le CEL et les revenus fonciers restant à 17,2 %
  2. Création de la CDHR par la loi de finances pour 2025, imposition minimale de 20 % des plus hauts revenus
  3. Reconduction de la CDHR par la loi de finances pour 2026, jusqu’au retour du déficit public sous 3 % du PIB

Ces réformes imposent de suivre l’évolution des textes d’une année sur l’autre.

L’optimisation fiscale des dividendes en 2026 s’appuie sur trois familles d’outils : les enveloppes réglementées, les structures sociétaires et, plus rarement, l’expatriation.

Face à la complexité des règles, un conseil en gestion de patrimoine ou un avocat fiscaliste peut chiffrer ces options pour une situation donnée.

Questions fréquentes

Peut-on ne pas payer d’impôt sur les dividendes ?

En partie, et légalement. Le PEA permet une exonération totale d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention, sous réserve de ne pas effectuer de retrait anticipé ; les prélèvements sociaux restent applicables à 18,6 %.

Les gains d’assurance-vie subissent-ils la hausse à 18,6 % ?

Non. Les gains d’assurance-vie restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, comme le PEL, le CEL et les revenus fonciers.

Quel est le taux effectif d’imposition des dividendes reçus par une holding ?

1,25 % des dividendes reçus (calcul : 5 % × 25 % d’IS), si la holding détient au moins 5 % du capital de la filiale depuis deux ans : seule la quote-part de frais et charges de 5 % est imposée (régime mère-fille, articles 145 et 216 du CGI). Les dividendes que la holding redistribue ensuite à ses associés sont imposés chez eux.

La rédaction
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