Le sort des actions gratuites Air Liquide lors d’une succession

Actions Air Liquide en succession : valeur retenue, purge de la plus-value, actions gratuites, prime de fidélité de 10 % et choix PEA ou compte-titres.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026

L'essentiel en 30 secondes

  • Pour les droits de succession, les actions cotées sont évaluées au cours moyen du jour du décès ou à la moyenne des trente derniers cours qui le précèdent (article 759 du CGI).
  • Le prix de revient fiscal est recalculé et devient la valeur retenue dans la déclaration de succession, ce qui efface l’impôt sur les gains passés.
  • La prime de fidélité (+10 %) est conservée en cas de succession, la durée de détention étant maintenue, à condition que les titres restent inscrits au nominatif. En cas de donation, elle n’est conservée qu’au profit d’un conjoint ou d’un parent au degré successible.
  • Le PEA est obligatoirement clôturé au décès, et les titres sont transférés vers un compte-titres ordinaire (CTO).

Lors d’une succession, les actions Air Liquide, y compris celles reçues en attributions gratuites, rejoignent l’actif successoral à leur valeur boursière. La transmission par décès « purge » les plus-values latentes : les héritiers repartent d’un prix de revient égal à la valeur déclarée. Et la prime de fidélité de 10 % n’est pas perdue, car Air Liquide considère que la durée de détention est maintenue en cas de succession.

La purge fiscale au profit des héritiers

Le décès du titulaire d’un compte-titres entraîne une opération majeure : la purge de la plus-value. Pour un investisseur qui a accumulé des actions Air Liquide pendant des décennies, le gain latent peut être élevé. Fiscalement, ce gain n’est imposé ni à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux lors de la transmission par décès.

Les héritiers reçoivent les titres avec un nouveau prix de revient unitaire (PRU) égal à la valeur retenue pour calculer les droits de succession. S’ils vendent les actions peu après avoir reçu l’héritage, ils ne paient presque aucun impôt sur la plus-value, car le prix de vente sera proche du nouveau PRU.

Le teneur de compte enregistre ce nouveau prix de revient à partir des documents de succession qui lui sont transmis.

La purge vaut pour toutes les actions cotées, quels que soient les critères retenus pour choisir des actions à dividendes.

La prime de fidélité de 10 % : conservation des droits acquis

Air Liquide récompense les actionnaires qui détiennent leurs titres au nominatif (pur, chez Air Liquide, ou administré, auprès de leur établissement financier) depuis plus de deux années civiles pleines : ils reçoivent une majoration de 10 % du dividende et du nombre d’actions gratuites attribuées.

Lors d’une succession, cet avantage n’est pas perdu : selon le guide de l’actionnaire 2026 d’Air Liquide, la prime de fidélité est conservée car la durée de détention est maintenue. Si le défunt remplissait déjà la condition des deux années civiles pleines, l’héritier continue d’en bénéficier, à condition que les titres restent au nominatif à son nom.

Pour une donation ou un don manuel, la règle est plus stricte : la prime n’est conservée que si le bénéficiaire est un conjoint ou un parent au degré successible. Au profit d’un autre bénéficiaire, l’antériorité est perdue et le décompte des deux années civiles pleines repart de zéro.

L’historique de ce dividende figure dans notre fiche sur le dividende Air Liquide.

Gestion technique des rompus et des attributions en cours

Air Liquide attribue régulièrement des actions gratuites à ses actionnaires : la dernière opération, le 10 juin 2026, portait sur 1 action gratuite pour 10 détenues. Si le décès survient juste avant ou pendant une telle opération, les droits d’attribution font partie intégrante de la succession.

L’attribution se fait compte par compte et mode de détention par mode de détention. Les rompus ne s’additionnent pas :

  • entre un PEA et un compte-titres ;
  • entre des titres au porteur et des titres au nominatif.

Quels droits de succession en 2026 ?

En 2026, les abattements et le barème des droits de succession en ligne directe n’ont pas changé : 100 000 € par enfant et par parent, puis un barème progressif de 5 % à 45 %.

Pour des actions cotées, la valeur retenue peut être le cours moyen du jour du décès ou la moyenne des trente derniers cours : sur un titre qui a beaucoup bougé avant le décès, l’écart entre les deux modifie l’assiette taxable, et donc les droits à payer.

Comparatif fiscal : PEA vs compte-titres (CTO) en 2026

Le traitement des actions Air Liquide diffère selon l’enveloppe utilisée par le défunt.

CaractéristiquePlan d’épargne en actions (PEA)Compte-titres ordinaire (CTO)
Sort de l’enveloppeClôture automatique au jour du décès.Maintien et transfert aux héritiers.
Fiscalité des gainsExonération d’impôt sur le revenu, prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains (taux 2026).Purge totale de la plus-value.
Transfert des titresVers un CTO ouvert au nom de la succession ou des héritiers.Vers le compte des héritiers.
Prime de fidélitéPossible si les titres avaient été convertis au nominatif administré ; absente pour des titres au porteur.Conservée si les titres sont au nominatif (pur ou administré).

La distinction compte aussi pour les actions à dividendes éligibles au PEA, dont le sort au décès diffère de celui d’un compte-titres.

Cas particulier : l’héritier expatrié

Si vous héritez d’actions Air Liquide alors que vous résidez hors de France, la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence peut s’appliquer. Sans convention, lorsque le défunt était domicilié fiscalement en France, l’ensemble de ses biens, dont ses actions Air Liquide, est soumis aux droits de succession français, quel que soit votre pays de résidence.

Vous devez alors déclarer ces titres en France, et le prix de revient de vos actions est la valeur retenue dans la déclaration de succession.

Cas d’école : l’impact d’une moins-value au moment du décès

Supposons que le défunt ait acheté des actions Air Liquide à 190 € et qu’au jour du décès, le cours soit à 170 € (cours fictifs). La valeur retenue pour la succession sera de 170 €, et l’héritier reçoit les titres avec un PRU de 170 €.

La règle vaut pour toutes les actions à dividendes du CAC 40.

La prime de fidélité s’applique aussi aux actions gratuites

La prime de fidélité de 10 % s’applique aussi aux actions gratuites. Les actions gratuites attribuées ont les mêmes caractéristiques que celles dont elles sont issues : éligibilité à la prime de fidélité, durée de détention, droit de vote et droit au dividende.

Donner ses actions Air Liquide de son vivant

La donation de titres au nominatif est l’autre voie de transmission. Elle permet de transmettre jusqu’à 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans sans droits, tout en purgeant la plus-value. L’antériorité de la prime de fidélité est conservée dans une donation-partage, ou dans une donation au profit d’un conjoint ou d’un parent au degré successible.

Le montant et l’historique du dividende sont présentés dans notre analyse du dividende Air Liquide.

Questions fréquentes

Est-ce que les actions gratuites sont imposables lors de la succession ?

Non, les actions gratuites ne sont pas imposées en tant que revenus lors du décès. Elles sont intégrées à la valeur globale du portefeuille et soumises aux droits de succession classiques après abattements. Sur un compte-titres, la plus-value latente accumulée depuis l’attribution est totalement effacée fiscalement.

Comment conserver le bonus de 10 % après le décès du titulaire ?

En cas de succession, Air Liquide maintient la durée de détention : les titres doivent simplement rester inscrits au nominatif (pur ou administré) au nom de l’héritier. Transmettez au teneur de compte, ou aux Relations Actionnaires d’Air Liquide pour le nominatif pur, les documents notariés nécessaires au transfert des titres.

Que se passe-t-il pour les actions Air Liquide détenues dans un PEA ?

Au décès, le PEA est clôturé. Les actions Air Liquide sont transférées sur un compte-titres ordinaire ouvert au nom de la succession ou des héritiers. Les gains du PEA ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, même si le plan a moins de 5 ans, mais les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026) sont dus sur les gains réalisés depuis son ouverture. La plus-value est ensuite purgée pour la suite.

La rédaction
Rédaction de Dividendes Actions

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