Assurance-vie vs PEA : quel est le meilleur support pour transmettre des revenus passifs ?

Assurance-vie ou PEA pour transmettre des revenus passifs : fiscalité des dividendes, abattement de 152 500 € par bénéficiaire et combinaison des deux.

Par la rédactionMis à jour le 23 octobre 2026

L'essentiel en 30 secondes

  • Le PEA limite la taxation aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis le 1er janvier 2026) après 5 ans de détention.
  • L’assurance-vie permet de transmettre un capital hors succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.
  • Les dividendes perçus dans un PEA sont réinvestis sans frottement fiscal immédiat.
  • La transmission d’un PEA entraîne sa clôture et l’intégration du capital dans l’actif successoral classique.

Pour générer et transmettre des revenus passifs en 2026, le PEA et l’assurance-vie n’ont pas les mêmes atouts. Le PEA exonère d’impôt sur le revenu les gains retirés après 5 ans. L’assurance-vie se transmet hors succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI).

Fiscalité des revenus passifs : le duel PEA contre assurance-vie

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) se distingue par une fiscalité simple pour l’investisseur focalisé sur les dividendes. Tant que vous ne sortez pas d’argent de l’enveloppe, aucune taxe ne s’applique. Après cinq ans, vos retraits subissent uniquement les prélèvements sociaux.

À l’inverse, l’assurance-vie impose la part de gains de chaque rachat, même après huit ans, avec un abattement annuel puis un taux forfaitaire (service-public.gouv.fr).

Critère (Données 2026)PEA (Plus de 5 ans)Assurance-vie (Plus de 8 ans)
Impôt sur le revenuExonération totale7,5 % après abattement (12,8 % pour la part des gains liée aux primes au-delà de 150 000 €)
Prélèvements Sociaux18,6 %17,2 % (taux maintenu pour l’assurance-vie)
Abattement annuelAucun (Exonération totale)4 600 € (seul) / 9 200 € (couple)
Plafond de versement150 000 €Illimité

Le choix de l’enveloppe pèse sur le rendement net à long terme. La comparaison avec le compte-titres figure dans le guide PEA ou compte-titres pour ses revenus passifs.

Transmettre son capital : ce qui distingue l’assurance-vie

La transmission de revenus passifs via le PEA présente une faille majeure : le décès du titulaire entraîne la clôture automatique du plan. Les titres sont transférés sur un compte-titres ordinaire (CTO) et leur valeur totale entre dans la succession. Vos héritiers paieront des droits de succession selon le barème de parenté classique, après les abattements de droit commun.

L’assurance-vie utilise le mécanisme de la clause bénéficiaire. Pour les sommes versées avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 € sur le capital transmis. Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement est global, de 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires, et le surplus suit les droits de succession (article 757 B du CGI).

La comparaison entre classes d’actifs est détaillée dans dividendes ou immobilier : quel actif transmettre en 2026 ?.

Moins-values et expatriation : les cas d’école

Les scénarios défavorables comptent aussi. Le sort des moins-values diffère selon l’enveloppe :

  • dans un PEA, une moins-value globale lors de la clôture peut, sous certaines conditions, être imputée sur les plus-values de même nature réalisées sur d’autres comptes-titres ;
  • dans l’assurance-vie, la moins-value est « enfermée » dans le contrat ; elle réduit simplement l’assiette taxable de vos futurs rachats sans pouvoir être utilisée ailleurs.

Pour l’expatrié, le PEA peut en principe rester ouvert (sauf transfert dans un État non coopératif), mais l’imposition des gains dépend alors du pays de résidence. Le traitement d’un contrat d’assurance-vie français par le pays de résidence varie aussi d’un État à l’autre, selon sa loi et la convention fiscale applicable.

L’usage d’instruments spécifiques comme les trackers nécessite une attention particulière. Notre analyse sur les ETF synthétiques et physiques dans un PEA détaille les risques propres à chaque méthode de réplication.

Dividendes : ce que change l’enveloppe

Pour un dirigeant d’entreprise, la question de la distribution est centrale : la taxation des dividendes supérieurs à 10 % du capital social peut alourdir fortement le coût d’une distribution.

Pour les investissements boursiers, le PEA permet de réinvestir l’intégralité des dividendes perçus sans imposition immédiate (voir générer des revenus passifs avec les dividendes). Ses versements sont plafonnés à 150 000 € (article L221-30 du Code monétaire et financier) ; certains épargnants placent le surplus sur une assurance-vie, qui sert aussi à préparer la transmission.

Combiner les deux enveloppes

Certains épargnants combinent les deux enveloppes :

  • le PEA pour détenir des actions à dividendes pendant la vie active ;
  • puis, à l’approche de la retraite ou pour préparer la succession, des retraits partiels du PEA (après 5 ans, soumis aux seuls prélèvements sociaux) versés sur une assurance-vie.

Ce mouvement fait passer un capital qui entre dans la succession (le PEA) vers un capital transmis hors succession (l’assurance-vie). Il a ses limites : les primes versées après 70 ans bénéficient d’un abattement bien plus faible, et le contrat a ses propres frais. L’intérêt dépend de l’âge, du patrimoine et des bénéficiaires visés.

Pour aller plus loin : comment gagner de l’argent avec les dividendes.

Questions fréquentes

Que devient le PEA en cas de décès ?

Le PEA est clôturé au jour du décès et les titres sont valorisés à cette date. Les prélèvements sociaux de 18,6 % sont dus sur les gains latents depuis l’ouverture (des taux historiques peuvent s’appliquer à certains gains acquis avant 2018). Le montant net rejoint ensuite la masse successorale du défunt et est soumis aux droits de succession classiques selon le lien de parenté avec les héritiers.

Quelle enveloppe pour des dividendes étrangers ?

Le PEA est limité aux actions de sociétés européennes (Union européenne et Espace économique européen) et aux fonds ou ETF éligibles. Des actions américaines ou émergentes n’y entrent pas en direct ; un contrat d’assurance-vie peut y donner accès par des unités de compte, avec des frais de gestion propres au contrat. Dans le PEA, les dividendes de sociétés françaises ne sont pas imposés tant qu’ils restent dans le plan.

Peut-on transférer un PEA vers une assurance-vie ?

Non, il n’existe pas de transfert direct « en l’état » (fiscalement neutre). Il faut vendre les titres du PEA, retirer les fonds, puis verser cette somme sur un contrat d’assurance-vie. Si le PEA a plus de 5 ans, ce retrait est exonéré d’impôt sur le revenu mais supporte les prélèvements sociaux de 18,6 % sur le gain, et un retrait partiel ne clôture pas le plan.

La rédaction
Rédaction de Dividendes Actions

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